Du 5 au 8 - Février - 2004   
9 et 10 - Février - 2004   
11 et 12 - Février - 2004   



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    Du 5 au 8 - Février - 2004  

Le vent souffle sur Nouakchott entraînant avec lui des myriades de grains de sable venus du désert voisin. Les Maures, habitués au souffle saharien chargé de particules de micas, ont depuis longtemps adopté des tenus qui les aident à contrer ces désagréments. Les pans des boubous des hommes claquent et les turbans noirs ou bleus protègent leurs chevelures et leurs bouches d'un ensablement miniature. Les femmes s'enveloppent dans leurs melhafas de tulle coloré avec davantage de coquetterie que de pudeur excessive. Ni les dieux ni les hommes ne les obligent à se voiler, seule la nature les a décidé à se vêtir ainsi.
Un Maure aux portes de Nouakchott  
       

Des voitures criardes sillonnent la ville délivrant leur message en français et en arabe local : le hassaniya. Lorsqu'elles s'arrêtent la musique et les voix qui jaillissent des haut-parleurs provoquent des attroupements d'enfants et de badauds. Le chauffeur distribue par poignées, des feuillets illustrés d'une photographie de khaïma, la tente traditionnelle. Symbole de l'histoire d'un peuple autrefois nomade et image forte qui aujourd'hui annonce le premier festival international des Musiques nomades de Nouakchott conçu par Benoît Thiebergien.
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Des voitures criardes sillonnent la ville  
       

Dans les moughattas, les arrondissements de la capitale mauritanienne, les griots affûtent leurs rimes et les musiciens leurs instruments. Au Stade du Ksar des techniciens locaux et de vieux routiers français du spectacle vivant s'activent à transformer le terrain de sport en scène de concert. Au Centre Culturel Français, les responsables et les habitués s'affairent à régler tous les détails de l'événement. On prépare la salle de spectacle, on érige la tente des veillées, on transforme le hall d'entrée en salle d'expositions. Ici comme sur scène le luth tidinit et la harpe ardine seront, pendant cinq jours et cinq nuits, roi et reine de ce couronnement de la musique maure.
Sid Ahmed à la tidinit et sa nièce à la Ardin  
       

L’ouverture de la première édition du Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott ne pouvait se faire sans elle. Elle est la fille du compositeur de l’hymne national et la chanteuse la plus connue de ce pays. En Mauritanie, Dimi Mint Abba est un symbole dont la voix résonne dans tous les cœurs. Griotte traditionnelle, l’intensité de son chant rivalise avec la tempête la plus déchaînée. Ce soir, à ses compagnons de routes habituels, est venu se joindre un musicien hors norme. Pianiste aveugle, Jean Philippe Rykiel est le plus africain des artistes français. Ses synthétiseurs se confondent avec les tidinit ou les ardin. A l’aide d’un petit clavier dont il module la vélocité avec la bouche, il reproduit les vibratos spécifiques du chant maure. En chantant Dimi Mint Abba lui rend hommage et le public, impressionné par ce drôle de griot rouquin, scande son nom avec affection.>
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Dimi Mint Abba et Jean Philippe Rykiel  
       

Sevrés de concerts, les mauritaniens font la fête aux artistes étrangers qu’ils découvrent. Les nombreux peuls, présents dans l’assistance se réjouissent de l’arrivée des Nigériens Mamar Kassey. Cette formation acoustique possède de nombreux atouts. Les harmonies séduisent, les rythmes enfièvrent, les danseuses charment et le charisme du chanteur Yacouba Moumouni envoûte.
Cette première soirée est un véritable succès et, en ville, on s'étonne que personne n'ai jamais pensé à organiser un tel évènement plus tôt.
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Yacouba Moumouni et Mamar Kassey  
       
 
Textes et Photos : Benjamin MiNiMuM
Production : Marc Benaïche
 
       
 
 


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